Chères consœurs et chers confrères,
Le 28 avril est reconnu comme le Jour de deuil national. Instituée d’abord par le Congrès du travail du Canada en 1984, cette journée rend hommage aux personnes blessées au travail et rappelle l’importance d’améliorer la santé et la sécurité au travail partout au pays. En 1991, une loi du Parlement l’a officiellement reconnue dans la législation fédérale. Appelée également le jour de compassion pour les travailleurs, cette date est maintenant reconnue dans près de 100 pays à travers le monde.
Le 28 avril est une journée pour se souvenir et pour réfléchir à la responsabilité qui nous incombe chaque fois que nous mettons les pieds sur un chantier ou dans un milieu de travail.
Pour la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, cette journée revêt une signification toute particulière. Nos membres travaillent dans des secteurs à haut risque, notamment la construction, les services publics et le secteur manufacturier, où les dangers font partie de la réalité quotidienne. Travailler en hauteur, à proximité de la haute tension ou aux côtés d’équipements lourds et de machinerie exige une vigilance de chaque instant. Les risques sont bien réels.
Lorsque cette vigilance faiblit, ou lorsque la sécurité est reléguée au second plan, les conséquences peuvent être graves. Et derrière chaque incident, il y a une personne : une travailleuse ou un travailleur qui n’est pas rentré à la maison, une vie bouleversée par une blessure ou une maladie, une famille qui doit porter cette perte. Ce ne sont pas des histoires lointaines. Elles nous rappellent ce qui est en jeu lorsque la sécurité est négligée ou lorsque la production passe avant les personnes.
Au cœur de tout véritable syndicat se trouve la sécurité, non seulement de ses membres, mais de l’ensemble des travailleuses et des travailleurs. Au fil des années, nos voix collectives se sont renforcées, contribuant à faire progresser les normes de sécurité pour toute la population active du Canada. Des protections accrues, une meilleure formation et une attention plus soutenue à la prévention ont contribué à réduire les risques. Mais le travail est loin d’être terminé. Un seul décès évitable, c’est déjà trop. Dans un monde qui va toujours plus vite et qui accorde trop souvent la priorité aux profits plutôt qu’aux personnes, nous devons continuer à défendre fermement notre conviction que la vie humaine et la qualité de vie passent avant tout.
À nos consœurs et à nos confrères de la FIOE, cette journée est un appel à demeurer vigilants. Portez avec vous la mémoire de celles et de ceux que nous avons perdus. Qu’elle guide vos décisions sur le chantier. Veillez les uns sur les autres. Parlez lorsque quelque chose ne va pas. Prenez le temps d’effectuer le travail de façon sécuritaire, peu importe la pression.
Aux employeurs et aux entrepreneurs, nous vous demandons de renouveler votre engagement envers la sécurité. Investissez dans la formation. Appuyez des programmes solides en santé et sécurité. Faites une place aux réunions de chantier et aux comités de santé et sécurité qui permettent aux travailleuses et aux travailleurs de se faire entendre. Un milieu de travail sécuritaire ne se construit pas par hasard. Il se bâtit par des gestes concrets et par la responsabilité.
À chaque travailleuse et à chaque travailleur, rappelez-vous vos droits. Vous avez le droit de refuser un travail dangereux. Si vous avez des doutes, posez des questions. Si vous avez besoin de plus de formation, demandez-la. Vos gestes peuvent protéger non seulement votre propre sécurité, mais aussi celle de toutes les personnes qui vous entourent.
Le 28 avril, nous pleurons celles et ceux qui ont été touchés par une tragédie évitable en milieu de travail. Prenons un moment pour rendre hommage aux personnes touchées par des blessures, des maladies professionnelles et des décès liés au travail. Si vous souhaitez participer à une cérémonie dans votre région ou en savoir plus sur les événements organisés partout au pays, veuillez consulter : Événements et cérémonies du Jour de deuil 2026 du CTC 2026.
Nous avons fait d’énormes progrès, mais il reste encore beaucoup à faire. Ensemble, nous devons poursuivre ce travail afin que chaque travailleuse et chaque travailleur rentre chez soi sain et sauf.
En toute solidarité,
![]() | RUSS SHEWCHUK Vice-président international Premier District de la FIOE Canada |

