À l’issue de l’arbitrage, une augmentation salariale importante permet maintenant aux membres de la section locale 230 à Victoria en Colombie-Britannique de toucher une rémunération comparable à celle de leurs homologues de la côte Est.
« Le succès du local 230 met en évidence la valeur de la prise de risque stratégique lors des négociations difficiles », déclare le vice-président international, Russ Shewchuk. « Il s’agit d’un rappel que sortir des sentiers battus et persévérer peut donner de réels résultats. »
Il a fallu près de deux depuis le début des négociations pour avoir les résultats de l’arbitrage et vers la fin, les membres ont obtenu une augmentation de 28 % ainsi qu’une importante rémunération rétroactive.
« L’arbitrage a eu lieu après que les négociations ont dérapé », mentionne Phil Venoit, le gérant d’affaires du local 230. Il précise que les autres syndicats du secteur public fédéral négociaient une augmentation d’environ 12 % sur quatre ans. « Ce n’était tout simplement pas assez pour la main-d’œuvre spécialisée qui entretient la flotte navale canadienne de surface et sous-marine dans le Pacifique. »
Environ 200 membres du local 230 sont concernés par cette convention collective et appartiennent au Dockyard Trades and Labour Council, un regroupement composé principalement de syndicats internationaux qui fonctionne comme les Metal Trades Councils aux États-Unis.
Jon Gable, un technicien en électronique, occupe la fonction de trésorier du conseil et a participé aux négociations. Selon lui, la visite d’une Installations de Maintenance de la Flotte Cap-Breton, l’équivalent sur la côte Ouest du IMF Cape Scott sur la côte Est, a démontré que les deux côtes sont comparables .
« L’employeur et le comité d’arbitrage ont beaucoup appris sur notre travail et de son caractère unique », mentionne M. Gable à propos de la visite.
« La disparité salariale malgré la similitude des emplois s’explique en partie par les différents résultats des négociations. Avant les négociations, le syndicat devait choisir entre l’arbitrage exécutoire et le recours à la grève en cas d’impasse. La cohorte de la côte Est a eu du succès en arbitrage, tandis que la côte Ouest avait choisi la grève. Cette fois-ci les membres du local 230 ont opté pour l’arbitrage en faisant valoir que, puisque les deux côtes se reflètent mutuellement, les salaires devraient être équivalents.
Malgré un processus de négociation qui avançait majoritairement en pas de tortue, les derniers jours ont filé à toute vitesse, formule Jeremy Switzer, un technicien en électronique qui occupe aussi les postes de délégué syndical et président de l’unité de la marine du local.
« Ça s’est déroulé à une vitesse fulgurante », prononce M. Switzer. « À un moment donné, j’ai réalisé que les discussions prenaient de l’ampleur. J’ai regardé Phil (Venoit) et Daniel Nelson (délégué syndical de la FIOE) et j’ai pensé : “Est-ce que c’est réel? Allons-nous réellement finir avec une augmentation salariale massive?” »
La nécessité d’un arbitrage cette fois-ci trouvait son origine dans les cycles de négociations précédents remontant à 2012, déclare M. Venoit, lorsqu’une augmentation de 5,2 % avait été annulée par une loi du Parti progressiste-conservateur quatre mois seulement après la signature de la convention collective.
« J’ai toujours cette rancœur », formule M. Venoit. « Ça l’a longtemps marqué les membres qui se sont sentis trahis par leur employeur et le gouvernement fédéral et rejetés lors des cycles de négociations subséquentes. »
La persévérance du local 230 a porté ses fruits. Non seulement que le local bénéficie d’une augmentation standard accordée à l’ensemble de la fonction publique fédérale, mais l’arbitre a aussi reconnu l’injustice de 2012.
« L’arbitre a constaté l’inégalité et la disparité entre l’équité salariale de base des travailleurs de la côte Est et ceux de la côte Ouest, bien qu’ils travaillent sur les mêmes navires et accomplissent les mêmes tâches avec les mêmes qualifications », mentionne M. Venoit.
Pour M. Gable et M. Switzer, ce processus a été une occasion d’avoir un effet positif sur la qualité de vie de leurs consœurs et confrères.
« C’était génial de faire partie d’une convention collective aussi importante qui a fait une grande différence dans la vie des membres », dit M. Switzer. « Il s’agit d’une victoire énorme et j’étais rempli de joie de pouvoir la partager avec mes consœurs et mes confrères de la FIOE. »
Cet article a été publié à l’origine dans la publication du Electrical Worker en ligne du mois de mars 2026.
